Histoire inachevée à jamais résolue ?.

Histoire inachevée à jamais résolue ?.
On the picture: Gladys, me & Cindra. Memories of L.A. Time.
C'est justement ce que je redoutais. Que la communication ne soit plus ce qu'elle était. Qu'elle devienne floue, voir transparente. Que je n'entende plus les mots qui sortent de ta bouche. Que tu sois muette et que, pourtant, tes lèvres bougent. Je te parle, mais tu ne réponds pas. Je sais pas si tu connais le concept du dialogue. Il s'agit d'un émetteur et d'un récepteur, qui, lui aussi, peut également émettre. Et la seule chose que tu émets c'est ce foutu silence qui nous tue depuis des années. La dernière phrase que tu as dit était: "T'sais pas elle est où ma pince-à-épiler ?". A vrai dire, non. Elle a sûrement disparu en même temps que tes mots. Je ne sais pas. Je me surprends à regarder nos photos. Ca fait si longtemps que je ne t'ai pas parlé que j'en perds mes mots. J'ai peur qu'on ne communique plus que par post-it. Qu'en rentrant, je ne te vois pas. Que je te cherche partout avec mon short parachute en quête de nourriture et que je tombe alors sur ce post-it accroché au frigo, juste à côté de ta photo de CM2 dans laquelle on peut lire que la souffrance et la douleur t'ont traversés : "N'oublis pas d'acheter les yaourts. Yaourts natures. Inutile de te rappeller que je suis au régime." Pas de merci. Pas de derien. Juste un "elle est où ma monnaie ?". -Euh, j'sais pas. Tu me croiras jamais, y'a un mec, un fou, j'te jure ... J'allais commencer mon histoire fantastique produit de mon imagination, mais une baffe m'est tombée dessus, en même temps qu'un "voleuse !". Faut voir le bon côté des choses, au moins t'auras ouvert ta gueule l'espace d'une seconde. Comme refuge, j'irais au 107, rue Edouard Vaillant. Pleurer ma haine. Me rappeller de ces instants d'autrefois, où on échangeait encore beaucoup. Nos crottes de nez sont encore collées sur la boîte aux lettres de la gardienne. Qu'est-ce qu'on l'aimait pas celle-là. Y'a aussi encore la photo de la petite Marion, disparue le 14 novembre 1996 (au passage, si tu l'avais aperçue hein), et cette trace de marqueur que l'on a faîte sur sa dent. Parcontre, je n'ai pas vérifié si le palier de Madame Voiffrey sent encore la pisse. D'ailleurs je crois qu'elle est morte cette pauvre folle. Fallait bien que Dieu l'emporte, elle et ses discussions solitaires avec ce soit-disant fantôme qui serait son défunt mari. Il y a aussi nos prénoms gravés sur la première marche de l'escalier. Puis, je suis montée jusqu'au 3ème étage. Devant cette porte où nous habitions. Evidemment, il n'y a plus notre nom près de la sonette. C'est les "Fernandez" qui occupent l'appartement. Une petite famille éclatée. J'entendais les enfants chahuter, le couple se disputer. J'ai cru comprendre que "José" avait mis une chaussette rouge dans la machine à laver et que par sa faute, la fausse chemise Prada de Madame avait viré au rose pâle. Je ne te raconte pas ce que j'ai entendu après, parce que ce fût un traumatisme pour mes oreilles. J'ai aussi voulu descendre les escaliers sur le cul "le boumbadaboum" comme on l'appellait, mais ma cellulite n'aurait pas supporté le choc. En redescendant, sur mes deux pieds, j'éffleurais du bout des doigts, ce papier peint esquinté, cherchant la saveur de notre passé. Fermant les yeux, je me suis rappellée de tout. C'est fou ce que tu me manques. Combien je t'aime. Combien tu pues. Je suis tombée sur ce miroir, toujours cassé. Et c'est à ce moment là que j'ai ris. J'ai ris de ce que j'étais devenue. Je me vois encore à l'âge de 6 ans. Les cheveux pas coiffés, le nez qui coûle, les chaussettes dépareillées. J'ai l'impression que maintenant tout est calculé. Rien n'est fait avec spontanéité. Ce camion de déménageurs a emporté nos meubles ainsi que ta langue, a jetté nos souvenirs, et, arrivé à destination, a craché nos pleurs. Nous a fait taîre à jamais. Je me suis accroupie dans la cour de l'immeuble. Et j'ai pensé. Conclusion ? C'est dans les endroits où rien n'a changé, que l'on se rend compte à quel point on a changé. ..

# Posté le vendredi 29 mai 2009 08:36

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 11:31

La tête baissée laisse le c½ur sur l'estomac, L'estomac sur les genoux, ma tristesse n'a d'égale que le coup de gueule muet de l'enfant seul.. Que nul ne calcule.

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 15:32

Modifié le mardi 27 octobre 2009 13:07

Z

Repose en paix petite princesse. *

# Posté le mardi 03 novembre 2009 00:37